Apprendre à plonger en Apnée comme dans Le Grand Bleu

Prêt à apprendre à plonger en apnée

Apprendre à plonger en Apnée

J’étais venu à Moalboal pour apprendre à plonger en apnée. Au Backpacker Lodge, je fais la connaissance de Mathieu, précédemment pompier sauveteur sur la Seine. Accro à l’apnée, il est devenu instructeur et travaille avec « JP » Jean-Pol François, champion de la Belgique et recordman dans différentes disciplines.
À Moalboal, la situation est parfaite pour pratiquer avec le canyon sous-marin à quelques mètres du rivage, le climat du centre des Philippines et sa situation, relativement protégée des tempêtes. Depuis quelques années quatre écoles sont apparues. L’apnée est un sport en pleine expansion. Vous avez certainement déjà vu cette vidéo avec Guillaume Néry.
Malgré tout cela reste encore pour l’instant un petit monde où tout le monde se connaît. Beaucoup de praticants sont d’anciens plongeurs avec bouteilles qui se sont lassés de la plongée classique ou alors des chasseurs au harpon qui cherchent à repousser leur limites.

Mathieu se détend avant une plongée

Mathieu se détend avant une plongée

Sur terre

Pour passer mon brevet de débutant, je commence mon premier entraînement sur une des petites plages de Moalboal. L’objectif: se détendre, préparer le corps, travailler les techniques de respirations vu pendant le cours théorique de la veille.
Pour être un bon apnéiste, il faut être le plus détendu possible, tranquille. Il faut savoir être le plus feignant possible afin d’économiser ses gestes, sa dépense énergétique, l’esprit et le corps doivent être au repos. Je pratique donc des étirements assis, puis allongé, exercices de yoga, travail sur le diaphragme. Je me sens super détendu, il est temps d’aller dans l’eau. Je m’équipe: des palmes géantes (parfois, deux fois la longueur de palmes classiques), une combinaison car il fait vite froid dans l’eau lorsque on pratique l’apnée, une ceinture avec des poids pour plonger plus facilement, un masque et un tuba qui me servira uniquement à la surface. Mathieu et JP emportent également leur montre de plongée, une bouée avec une corde et un poids de dix kilos.

On peut attendre que le poids descendent jusqu'à tendre la corde ou bien se laisser entraîner par lui pour éviter de se fatiguer à nager

On peut attendre que le poids descend jusqu’à tendre la corde ou bien se laisser entraîner par lui pour éviter de se fatiguer à nager, comme ici

Comme un poisson dans l’eau

Tout le monde est théoriquement capable de plonger très profondément. Tout les dix mètres de profondeur, la pression augmente Quand on descend sous l’eau, la pression augmente. À moins dix mètres, on subit l’équivalent de deux fois la pression terrestre, à moins vingt mètres trois fois et ainsi de suite.
Le volume de l’air contenu dans les poumons diminue avec l’augmentation de la pression. Pour éviter que nos poumons se transforment en deux mini-saucisses et que nos côtes soient écrasées par la pression de l’eau, notre corps possède une capacité spéciale, que l’on partage avec les mammifères marins. Le sang au niveau des pieds, des jambes, des mains et des bras reflue vers le buste, protégeant ainsi de la pression nos organes.
Quand vous plongez à deux ou trois mètres de profondeur vous sentez une douleur au niveau des oreilles et des sinus: la pression réduit le volume de l’air. Il faut rééquilibrer en pinçant fermement le nez et souffler de l’air pour regonfler les sinus et l’intérieur des oreilles. De cette manière, la pression devient la même dans l’eau et de l’autre côté des tympans ou des sinus. Si on descend en continu, il faut donc faire cet exercice à intervalles réguliers, tous les mètres ou deux mètres. Les pros arrivent à rééquilibrer en bougeant simplement la machoire, de manière quasi automatique et descendent d’un trait. Quand à moi, je devrais le faire mètre par mètre. Si ça ne passe pas, je m’arrêterais de descendre et réessayerais de rééquilibrer. Si je n’arrive toujours pas à passer l’équilibrage, je remonterais. Eh oui, apprendre à plonger en apnée cela semble bien compliqué.

En train d'apprendre à plonger en apnée

Le frelon vert

À la surface

On attache notre bouée à quelques mètres d’une des bouées fixes qui préviennent les navires de la fin du canyon et du début des bas-fonds. Non loin de nous, s’ébattent les bancs de sardines. On laisse filer la corde sous la bouée avec son poids à une quinzaine de mètres plus bas. Le but de l’apnée dynamique est de descendre le plus bas possible. Ln peut aussi faire des apnées statiques ou le but est de rester son souffle le plus longtemps possible. J’essaie. Je tiens 2 minutes 30. Un bon temps pour un débutant, cela prouve que je suis bien détendu.
À la surface, on passe son temps à respirer lentement et profondément, une main se tenant à une poignée de la bouée pour éviter d’être entraîner par les courants. À tour de rôle, chacun effectue une descente à son niveau. Contrairement à la scène du japonais qui hyperventile dans « Le grand bleu, aujourd’hui les apnéistes ne respirent pas rapidement avant de plonger mais le plus doucement possible, relax. La dernière inspiration doit être la plus longue possible.

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Sous l’eau

La corde sert à la fois de guide et à marquer la profondeur. Quand on descend très bas, il est important que l’on remonte non loin du lieu de départ et éviter ainsi de se perdre ou de se coincer autre part. À chaque descente, un mousqueton relié à une cordelette fixé au poignet glissera sur la corde. On descend donc le long de la corde, en nageant à côté ou en glissant dessus avec les mains et les jambes quand on débute comme moi. Il faut faire un canard, une technique qui permet de la surface, en se pliant et avec quelques coups de palme de se propulser tête la première vers le fond. Ensuite autour d’une quinzaine de mètres, avec la pression de l’eau, le corps n’a plus besoin d’aide pour descendre, c’est le début de la chute libre dans l’eau. Une fois que l’apnéiste a atteint la distance voulue, il remonte à la force des bras et des palmes, s’aidant de la corde en cas de soucis.
La profondeur à atteindre se décide en essayant petit à petit. Quand un apnéiste atteint le cap des 30m par exemple. Il refait quatre ou cinq plongées à ce niveau. Une fois que le corps est habitué à cette pression et que l’apnéiste est en confiance, il essaiera 31 ou 32m. Toujours petit à petit. Il faut respecter des pauses entre chaque apnée pour être bien reposé.

JP(gauche) remonte tandis que Mathieu(droite) surveilles que tout se passe bien

JP(gauche) termine son apnée tandis que Mathieu(droite) surveille que tout se passe bien en remontant avec lui

Dangers

Le risque principal est de faire une syncope: le cerveau se met en veille par manque d’oxygène et la personne perd connaissance. Si l’apnéiste n’est pas à l’air libre quand le cerveau redémarrerera quelques dizaines de secondes plus tard, c’est la noyade. Si quelqu’un a pu remonter l’apnéiste à ce moment là, il y a toujours un risque de séquelles graves. À chaque descente, seul un apnéiste va descendre. Un autre apnéiste viendra à la rencontre du premier lors de sa remontée à environ quinze mètres et l’escortera à la surface pour être prêt à réagir en cas de problème.

La grande règle de sécurité à respecter est ne jamais faire de l’apnée seul

Il faut toujours quelqu’un au cas où que ce soit en statique ou dynamique.

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Ressenti

Pourquoi ma part, ayant les sinus légèrement encombrés, je me met à saigner du nez, le premier jour, après une descente à 8m. J’ai eu un peu de mal avec les rééquilibrages et confondu l pression du masque avec la douleur de mes sinus. Je finis par maîtriser un peu mieux les principes de rééquilibrage et la seconde journée, après un jour de repos, j’atteins les 10 mètres. Pas mal pour quelqu’un qui n’avait jamais fait de plongée avec bouteilles ou chasse aux harpons. Comme j’étais un total novice dans toutes ses disciplines, il m’a fallu tout apprendre d’un coup.
Si vous êtes à l’aise à moins quarante mètres vous pouvez devenir instructeur. Les meilleurs atteignent des profondeurs incroyables: 110 mètres avec palmes, 170 mètres en se faisant descendre et monter sur une gueuse. En attendant de réessayer, j’ai désormais ma licence AIDA qui me sera utile si j’ai l’occasion d’en refaire autre part.

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Session nocturne

Les photos à la surface ont été faites par un collègue de JP, venu s’entraîner avec nous lors de mon deuxième jour de cours. Nous avons plongé le matin, puis en fin d’après-midi. Nous sommes rester bien après la nuit tombée: comme l’apnée est avant tout une histoire de ressenti, il n’est pas très important de bien voir.
Beaucoup de plongeurs aiment descendre les yeux fermés. Aussi la nuit, cela à un côté surréaliste. Je vois la lumière d’une lampe torche descendre et disparaître dans les profondeurs noires de l’océan. Avant de réapparaître peu à peu, deux à trois minutes plus tard. C’est le temps qu’il fait lorsqu’on descend entre 30 et 50 mètres… En plus de cela, le plancton s’illumine lorsqu’on bouge. Chaque mouvement devient éclairé! Sous le ciel étoilé. Tout simplement magique! Des bonnes sensations!
Les autres photos sont du même auteur et ont été prises quelques jours avant, lorsque JP et Mathieu ont fait passé leur brevet d’instructeurs à un groupe d’apnéistes chinois. Vous pouvez en voir plus ici.

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J’ai pleinement apprécier l’expérience. Et vous, êtes vous tentez par la plongée en apnée?

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